Sauvegarde de la mulette perlière : une action coordonnée de la Dolore à la Bretagne

La mulette perlière (Margaritifera margaritifera) est une espèce patrimoniale des cours d’eau, étroitement liée à une excellente qualité écologique.La mulette perlière une espèce exigeante et intégratrice.

Principaux besoins de la mulette perlière vis-à-vis de ses habitats (d’après Morisseau et al., 2021)

  • berges boisées offrant un couvert ombragé,
  • écoulements diversifiés pour une bonne oxygénation et la reproduction du poisson-hôte,
  • granulométrie diversifiée (rochers, blocs, graviers, sables grossiers),
  • berges stables, sans apports de sédiments fins,
  • eau limpide et peu profonde.

La Mulette perlière : Cœur d’un écosystème interdépendant

Le schéma ci-dessous illustre le rôle central de la Mulette perlière au sein d’un réseau de paramètres biologiques et physiques. Sa survie repose sur l’équilibre de quatre piliers majeurs fonctionnant comme des rouages indissociables :

  • Qualité de l’eau : Un ensemble de 10 paramètres physico-chimiques et biologiques (O₂, pH, nitrates, métaux lourds, etc.) garantissant un milieu sain ;
  • Hydromorphologie : La structure physique du cours d’eau (stabilité du substrat, débit, boisement des berges) qui offre l’habitat nécessaire ;
  • Poisson-hôte (Truite fario/Saumon) : Élément biologique crucial pour le cycle de reproduction de la moule (incluant densité, génétique et libre circulation) ;
  • Interactions externes : L’influence des activités humaines sur le bassin versant et la pression des espèces exotiques envahissantes.

La défaillance d’un seul de ces éléments entraîne, par effet de ricochet, le déclin de l’espèce, faisant de la Mulette perlière une sentinelle de l’état de santé du bassin versant.

Sur la rivière Dolore (Puy-de-Dôme), la population existante présente un vieillissement marqué et une absence de renouvellement naturel, compromettant sa pérennité.

Face à ce constat, le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) d’Auvergne, en tant qu’animateur national du Plan national d’actions (PNA) en faveur de la mulette perlière, a initié une opération d’élevage conservatoire, en lien étroit avec la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, DREAL pilote du PNA et de sa déclinaison régionale (PRA).

Une opération technique encadrée

À l’automne 2025, des spécialistes sont intervenus sur la Dolore afin de collecter des glochidies, larves de la mulette perlière. Après plusieurs tentatives, plus de 600 000 larves viables ont pu être récoltées au stade de développement requis.

Ces larves ont ensuite été transférées vers la station nationale d’élevage de la Mulette perlière dans le Finistère, où elles sont mises en contact avec des truites farios, hôtes indispensables à leur développement. Cette phase de parasitisme temporaire, sans impact pour le poisson, dure environ six mois.
La station bénéficie d’un financement pluriannuel assuré par la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, en tant que DREAL pilote du PNA, garantissant la continuité et la sécurisation de ces opérations d’élevage à l’échelle nationale.

Dans quelques années, les individus élevés seront réintroduits dans la Dolore, contribuant au maintien durable de cette espèce emblématique et à la préservation de la qualité des cours d’eau du territoire.

Un partenariat structurant dans le cadre du PNA

Cette opération s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre du PNA Mulette perlière :

  • le CEN Auvergne, animateur national du PNA et régional du PRA, coordonne les actions, mobilise les partenaires et assure le suivi technique,
  • la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, DREAL pilote, assure le cadrage stratégique, l’articulation avec les politiques publiques et le soutien financier, notamment de la station nationale d’élevage.

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