Sources de vie, héritage intemporel : à nous de les protéger !
Depuis toujours, les populations humaines coexistent avec les zones humides, profitant de leurs multiples services ; tout en prenant garde à ne pas détruire ces écosystèmes bienfaiteurs. Une coexistence sur le temps long qui a développé des savoir-faire et des pratiques, transmises de génération en génération et qui se traduit par des liens forts entre les communautés locales et leurs zones humides. Malgré cela, les zones humides font partie des écosystèmes les plus menacés sur Terre et continuent de disparaître à un rythme alarmant, estimé 3 fois plus rapide que la déforestation. Pourtant, les zones humides, proches des Hommes depuis des temps immémoriaux, sont aussi la clé pour assurer leur avenir.
Quarante ans après Ramsar, la France réaffirme son engagement en faveur des zones humides.
Dans son préambule, la Convention sur les zones humides énonce que « les zones humides constituent une ressource de grande valeur économique, culturelle, scientifique et récréative ».
C’est cette dimension culturelle des zones humides qui est mise en avant par le thème de la Journée mondiale des zones humides 2026 : « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel ».
Le 2 février 2026, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, rappelait une évidence trop souvent oubliée : protéger les zones humides, c’est protéger l’eau, la biodiversité et les territoires.
Des milieux naturels essentiels, mais menacés
Entre 1970 et 2015, plus d’un tiers des zones humides mondiales a disparu. En France comme ailleurs, marais, tourbières, lagunes, prairies humides, forêts alluviales ou mares figurent pourtant parmi les écosystèmes les plus riches et les plus utiles.
Elles jouent un rôle irremplaçable dans la régulation du cycle de l’eau. Elles limitent les inondations, soutiennent les cours d’eau en période de sécheresse, filtrent naturellement l’eau potable, stockent du carbone et abritent une biodiversité exceptionnelle. Leur dégradation fragilise directement les territoires, les activités agricoles, la sécurité des populations et la ressource en eau.
Une réponse concrète face au dérèglement climatique
Face au changement climatique, la préservation et la restauration des zones humides constituent des solutions fondées sur la nature, efficaces et immédiatement mobilisables. Restaurer une tourbière en montagne, préserver un marais littoral ou redonner de l’espace à un fleuve, c’est renforcer la résilience des territoires face aux sécheresses, aux crues et à l’érosion.
Ces actions illustrent qu’une écologie concrète, ancrée dans les territoires, capable de répondre simultanément aux enjeux climatiques, environnementaux et sociaux.
Une mobilisation exemplaire des acteurs des territoires
La Journée nationale des zones humides met en lumière l’engagement des collectivités, associations, gestionnaires de sites, établissements publics, agriculteurs et citoyens. Coordonnée par Ramsar France, cette mobilisation donne lieu, tout au long du mois de février, à des centaines d’animations et d’actions de sensibilisation partout en France.
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans le cadre du Plan national en faveur des milieux humides, pilier de la Stratégie nationale pour la biodiversité, et contribue à faire des zones humides un levier central de l’adaptation au changement climatique.
Un réseau national de sites et de villes Ramsar
La France compte 55 sites inscrits sur la liste Ramsar, dont 12 situés en outre-mer, ainsi que 9 villes reconnues au titre du programme « Villes des zones humides accréditées par la Convention de Ramsar ». Ce réseau repose sur une démarche volontaire de reconnaissance et de valorisation des territoires concernés, sans création de contraintes réglementaires supplémentaires.