Plan ozone : contrôle des émissions de méthane dans les décharges d’Auvergne-Rhône-Alpes
Les installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND), communément appelées décharges, sont généralement situées loin des zones urbaines. Pourtant, leur impact sur la qualité de l’air peut concerner un territoire bien plus large. En cause : le méthane, présent à 98 % dans le biogaz produit par la dégradation des déchets. Il contribue indirectement à la formation de pollution à l’ozone.
Les décharges en Auvergne-Rhône-Alpes : quelques chiffres
La région compte
- 16 installations de stockage de déchets non dangereux en fonctionnement,
- plusieurs installations en période de suivi long-terme, incluant les périodes de post-exploitation et de surveillance des milieux, qui restent suivies pendant 25 ans après leur fermeture.
Chaque année, environ 1,4 million de tonnes de déchets non dangereux sont enfouies en Auvergne-Rhône-Alpes, soit l’équivalent d’environ 140 tours Eiffel en volume.
Ces déchets comprennent :
- les ordures ménagères résiduelles,
- les déchets d’activités économiques non dangereux,
- les déchets non valorisables issus de déchetteries.
Les quantités enfouies diminuent progressivement : en 2010, elles atteignaient 2,21 millions de tonnes par an.
Comment fonctionne une ISDND ?
Ces installations sont tencadrées par la réglementation relative aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Les déchets sont stockés dans des casiers étanches, constitués d’une barrière d’argile, d’une géomembrane et d’un système de collecte des lixiviats (les jus produits par les déchets).
La dégradation des déchets produit du biogaz, riche en méthane.
Depuis 1997, les installations doivent obligatoirement être équipées d’un réseau de captage du biogaz, constitué de puits reliés à un réseau de tuyauteries. Ce gaz est ensuite :
• valorisé lorsque c’est possible
• ou brûlé en torchère.
Une campagne d’inspections ciblée sur le biogaz
Dans le cadre du Plan régional ozone, les inspecteurs.trices des installations classées de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes ont réalisé 17 inspections dont 3 sur des installations en période de post-exploitation.
Les inspecteurs ont vérifié le respect de l’article 21 de l’arrêté ministériel du 15 février 2016, qui encadre réglementairement la conception, l’exploitation et les contrôles périodiques devant être menés au sein d’une ISDND
- le réseau de captage du biogaz : Les exploitants doivent disposer d’un réseau de collecte et suivre régulièrement la qualité du biogaz produit.
- les dispositifs de traitement : les installations de valorisation ou de destruction du biogaz et les émissions atmosphériques des torchères, afin de s’assurer que la combustion est correcte.
- la recherche de fuites de méthane : Les exploitants doivent réaliser des cartographies des émissions diffuses de méthane sur leurs installations.
- La déclaration des émissions : Les émissions de méthane doivent être déclarées dans GEREP, la base nationale de déclaration des émissions industrielles.
Des solutions de gestion du méthane capté
La solution la plus courante reste la destruction du biogaz par torchère.
Certaines installations utilisent également le biogaz comme combustible pour alimenter un évapoconcentrateur. Les lixiviats, les liquides produits par les déchets sont ainsi chauffés. Une fois l’eau évaporée, il reste un concentré de résidus (surconcentrat) qui sera ensuite traité dans une filière adaptée.
Cette solution permet à la fois de valoriser le biogaz et de réduire les volumes de lixiviats à traiter.
Un bilan positif des inspections
Globalement, les résultats des inspections menées sont satisfaisants. Les exploitants respectent leurs obligations : les dispositifs de collecte et valorisation/destruction du biogaz sont en place et correctement entretenus et contrôlés, les cartographies des émissions diffuses sont établies et les programmes de détection et de réparation des fuites sont opérationnels. Deux axes d’amélioration ont toutefois été identifiés :
• les travaux de colmatage des fuites, parfois réalisés avec des délais longs ;
• la mesure de la qualité du biogaz, pour laquelle certains exploitants doivent mieux s’équiper.
Les inspecteurs.trices rvérifieront la mise en œuvre effectivedes actions correctives lors des prochaines inspections, les ISDND étant contrôlées annuellement.
Trier ses biodéchets, c’est aussi agir pour la qualité de l’air
En réduisant l’enfouissement et en triant les déchets organiques, chacun peut contribuer à limiter les émissions de méthane et la formation d’ozone.
Un geste simple du quotidien qui participe aussi à préserver la qualité de notre air.
Pour rappel, le tri des biodéchets à la source est obligatoire depuis le 1er janvier 2024. Ils représentaient avant cette date 30 % des déchets résiduels et non-triés des français.
Mieux comprendre la collecte du biogaz : un système complexe
La gestion du biogaz repose sur un réseau de captage et collecte fonctionnant en dépression.
Dans une ISDND en fonctionnement, un casier en cours d’exploitation accueille des déchets tandis que d’autres, plus anciens, peuvent être fermés et en phase de post-exploitation.
La production de biogaz s’avère de fait très évolutive et très liée à la dégradation des déchets enfouis. Les exploitants doivent de fait ajuster très finement la dépression dans chaque réseau à l’aide de vannes, pour optiliser la collecte du biogaz produit
Un réglage imparfait peut entraîner :
• une mauvaise captation du gaz
• et l’apparition de fuites en surface.
Au-delà des nuisances olfactives, ces fuites représentent un enjeu de pollution atmosphérique, notamment pour la formation d’ozone.