22/09/2026 : La mobilisation du secteur bancaire au service de la rénovation des copropriétés.

Le 22 septembre 2026, le premier web-café France Rénov’ a réuni près de 80 participants autour du financement bancaire de la rénovation des copropriétés. Les agences d’urbanisme d’Auvergne-Rhône-Alpes ont présenté leur étude sur la mobilisation du secteur bancaire, puis la Caisse d’Épargne Rhône Alpes a présenté son offre de prêts collectifs. Retrouvez ici le compte rendu des échanges et les supports de présentation.

Le web-café en bref

  • Date : mardi 22 septembre 2026, de 9h à 10h, en visioconférence
  • Participants : près de 80 acteurs du réseau France Rénov’ (Espaces Conseil France Rénov’, collectivités, opérateurs, DDT, etc.)
  • Intervenants :
    • Annelise Curtaud, Agence d’urbanisme de la région grenobloise (AURG), et Laura-Lou Bugarel, Agence d’urbanisme de l’aire métropolitaine lyonnaise (UrbaLyon), pour le réseau des quatre agences d’urbanisme d’Auvergne-Rhône-Alpes (Urba4) ;
    • Julien Renucci, chargé de partenariats à la direction Rénovation énergétique de la Caisse d’Épargne Rhône Alpes (CERA).
  • Animation : Stéphane Barrier et Elisa Godefroy (DREAL Auvergne-Rhône-Alpes), Olivier Rouchon (CeDRe)

Compte rendu des échanges

Pourquoi mobiliser le secteur bancaire ?

En introduction, la DREAL a rappelé le contexte. L’interdiction progressive de mise en location des logements les plus énergivores, prévue par la loi Climat et résilience, concerne directement les copropriétés, très présentes en Auvergne-Rhône-Alpes. Le rythme actuel de rénovation des logements en copropriété reste nettement inférieur à ce que prévoit la stratégie nationale bas-carbone.

La copropriété est un segment complexe : décision collective et longue, contraintes techniques, diversité des situations (petites copropriétés de centre-bourg, copropriétés de montagne, grands ensembles urbains, syndics bénévoles). Le financement est l’un des principaux points de blocage. Au-delà des aides publiques, il reste toujours un reste à charge à financer et une avance de trésorerie à assurer. Sans mobilisation bancaire, même une copropriété motivée et bien accompagnée peut voir son projet retardé ou bloqué.

L’objectif du web-café était donc de construire une culture commune du financement de la rénovation entre les acteurs du réseau : Espaces Conseil France Rénov’, collectivités porteuses de pactes, DDT et interlocuteurs bancaires.

L’étude des agences d’urbanisme sur la mobilisation du secteur bancaire

Engagée en 2022 à la suite de la loi Climat et résilience, l’étude du réseau Urba4 comprend depuis 2024 un volet consacré au financement de la rénovation. En 2025, à la demande de la DREAL, elle a approfondi deux sujets : la création d’une culture commune et la rénovation des copropriétés. Elle s’appuie sur une vingtaine d’entretiens menés en 2024, complétés par neuf entretiens fin 2025, avec des banques et financeurs, des syndics, des accompagnateurs et des institutions.


Principaux enseignements :

  • Un écosystème qui se structure mais reste fragile : les acteurs montent en compétence et s’outillent, certains syndics créent des services dédiés. En revanche, l’instabilité des aides, la multiplicité des intervenants et les délais de traitement des dossiers compliquent les projets. Les notaires et les agences immobilières restent peu mobilisés ;
  • Un sujet désormais mûr : la hausse des charges, l’implication croissante des propriétaires bailleurs, le confort d’été, la « valeur verte » et le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT) incitent les copropriétés à engager des travaux ;
  • Des freins surtout financiers : ingénierie financière complexe, montages longs, difficulté pour les entreprises à avancer les travaux. Il faut compter environ 5 ans pour qu’un projet aboutisse et environ 18 mois d’instruction bancaire pour débloquer le financement du reste à charge. Des avancées sont toutefois relevées, comme la prise en compte des avances de subventions et le traitement des dossiers par des antennes régionales ;
  • Un marché à deux vitesses : les copropriétés saines, dotées d’un syndic professionnel, trouvent un marché du financement de plus en plus concurrentiel. Les copropriétés fragiles, les très grandes copropriétés et les petites copropriétés (moins de 11 logements, soit 7 copropriétés sur 10 en France) sont moins bien servies. L’expérimentation de l’Anah sur les petites copropriétés est perçue comme un signal positif ;
  • Le syndic, acteur central : devenu pilote de projet, il monte les dossiers techniques et financiers, joue un rôle de pédagogie auprès des copropriétaires, et la qualité de sa gestion est prise en compte pour accorder un prêt collectif ;
  • Le prêt collectif : depuis la loi Habitat dégradé de 2024, un prêt collectif à adhésion automatique complète le prêt à adhésion individuelle. Attaché au lot, remboursé avec les charges et d’une durée pouvant atteindre 25 ans, il suscite encore peu d’appétence chez les acteurs interrogés. Ils y voient un outil complémentaire plutôt qu’un substitut.

L’étude identifie quatre enjeux :

  • renforcer les partenariats et l’acculturation des acteurs ;
  • former les acteurs bancaires, notamment à l’éco-PTZ et au nouveau prêt collectif ;
  • faciliter la rénovation des copropriétés, en simplifiant les règles de décision et en portant une attention particulière aux copropriétés complexes ;
  • diversifier les financeurs, notamment en soutenant la création d’une banque de la rénovation énergétique.

Un exemple d’offre bancaire : la Caisse d’Épargne Rhône Alpes

La CERA intervient dans l’Ain, l’Isère, le Rhône, la Savoie et la Haute-Savoie. Une direction dédiée à la rénovation énergétique appuie son réseau d’agences.

  • Pour les maisons individuelles : le client qui l’accepte est d’abord mis en relation avec le réseau France Rénov’ pour un conseil neutre, puis accompagné pour le montage d’un éco-PTZ et, si nécessaire, d’un prêt complémentaire ;
  • Pour les copropriétés : l’offre comprend trois prêts collectifs à adhésion volontaire, votés en assemblée générale : l’éco-PTZ collectif, un prêt pour les autres travaux et une avance de subventions. Ces prêts sont accessibles sans condition d’âge ni questionnaire de santé. Ils sont garantis par un cautionnement, ce qui évite la solidarité entre copropriétaires en cas d’impayé ;
  • Un parcours revu pour réduire les délais : le dossier est transmis au moins deux mois avant l’assemblée générale et le chargé d’affaires participe aux réunions d’information avec l’AMO. Dans le meilleur des cas, les offres de prêt peuvent être éditées environ six mois après le vote. Leur édition reste conditionnée à la réception des attestations d’aides de l’Anah et des collectivités.

Environ 45 offres de prêt collectif devraient être éditées fin 2026 et une centaine de dossiers est à l’étude pour 2027. Le délai d’obtention des attestations d’aides publiques reste la principale difficulté signalée.

Les échanges avec les participants

  • Lien avec les Espaces Conseil France Rénov’ : au moment des entretiens, les syndics renvoyaient plus ou moins vers les ECFR selon leurs pratiques, le lien passant souvent par l’AMO. Des participants ont souligné que la situation a pu évoluer depuis ;
  • Avance des aides par les collectivités : l’étude n’a pas porté sur ce point. C’est une piste à approfondir ;
  • Délais et pièces demandées par les banques : la CERA recommande de la solliciter le plus en amont possible, avec la fiche de renseignements et l’attestation de taux d’impayés, afin d’éviter les allers-retours. Les dossiers engagés avec la Caisse d’Épargne Île-de-France restent suivis par celle-ci ;
  • Accord de l’Anah : le dossier de prêt peut être préparé en parallèle, mais l’offre ne peut être éditée qu’après réception des attestations d’aides.
  • Leviers de massification : les intervenants ont insisté sur la mise en réseau locale des acteurs (banques, ECFR, collectivités, syndics, AMO), l’analyse partagée des dossiers qui bloquent et l’effet levier des prêts collectifs. D’autres établissements sont actifs sur le prêt collectif, comme Domofinance. La DREAL fera remonter les bonnes pratiques et les difficultés identifiées auprès de l’Anah et du ministère.

Le groupe de travail Copropriétés du CeDRe

Ce web-café a ouvert les travaux 2026-2027 du groupe de travail Copropriétés. Le groupe vise à remettre en lien les acteurs de la rénovation des copropriétés (EPCI, ECFR, opérateurs), dans un contexte de renouvellement lié à la mise en place des pactes territoriaux.

Parmi les sujets à approfondir : le financement, les petites copropriétés et les copropriétés de montagne. Les travaux sont menés en lien avec les ateliers Copropriétés du Comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH).

Pour rejoindre le groupe de travail, contactez l’équipe du CeDRe

Replay et foire aux questions

L’enregistrement du web-café est accessible ci-dessous. Il est protégé par un mot de passe, transmis par courriel aux personnes inscrites au web-café.

Revoir le Webcafé (vidéo, durée : 58 min 54 s)

Vous n’avez pas reçu le mot de passe ? Contactez l’équipe du CeDRe.

Supports de présentation et Foire aux questions issue des échanges

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