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Prévention des Risques

Les risques naturels dans la région Auvergne-Rhône-Alpes

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publié le 14 décembre 2016 (modifié le 20 novembre 2019)

La région Auvergne-Rhône-Alpes est particulièrement exposée aux risques naturels : inondations, mouvements de terrain, avalanches, incendies de forêt et séismes. A titre d’illustration, hors séisme, 79% des communes de la région sont concernées par au moins un de ces risques. Le risque inondation concerne à lui seul 68% des communes.

  Les inondations

Au niveau régional, les inondations constituent le principal risque en termes d’étendue spatiale et de récurrence. En effet, 2/3 des communes sont exposées aux inondations. Lors de l’Évaluation Préliminaire des Risques d’Inondation (EPRI) de 2011, réalisée dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Inondation, la population régionale résidant en zone inondable a été estimée à plus de 2 500 000 habitants (tous types d’inondations confondues) et le nombre d’emplois en zone inondable à plus de 1 500 000. La topographie de la région actuelle conduit à une forte urbanisation des vallées, territoires propices aux inondations. Parmi les crues majeures ayant affecté le territoire, peuvent être citées celles de 1840 sur le Val de Saône, de 1846 sur la Loire et l’Allier, de 1856 sur le Rhône, de 1859 sur l’Isère et de 1866 sur l’Allier et la Loire. D’autres crues, d’ampleur territoriale plus restreinte, ont eu lieu telles que celles de 1835 sur la Tiretaine (63), de 1980 sur la Loire-Amont (43), de 2003 sur le Gier (42-69), de 2008 sur la Brévenne et la Turdine (69), ou celle de l’Arve (74) en 2015. Les grandes agglomérations : Lyon, Saint-Étienne, Grenoble, Clermont-Ferrand sont également exposées.

Le risque torrentiel est également prégnant en montagne. Le drame du Grand Bornand en Haute-Savoie (juillet 1987, 23 morts) témoigne de la conjonction d’éléments défavorables : forte pluviométrie, ruissellement important suite à de nombreux aménagements de pistes de ski, camping situé dans le lit majeur du cours d’eau. Cette catastrophe a mis en évidence la nécessité d’intégrer la vulnérabilité des campings en zone inondable dans les démarches de planification.

Communes exposées aux inondations  en grand format (nouvelle fenêtre)
Communes exposées aux inondations
GASPAR – Production : DREAL Auvergne-Rhône-Alpes – juin 2016

  Les mouvements de terrains

Le risque mouvements de terrain regroupe différents types d’aléas : le retrait-gonflement des argiles, les glissements de terrain, les chutes de blocs, les effondrements de cavités souterraines et les coulées de boues. Ce risque affecte, à des degrés divers, tous les départements de la région. En effet, les 2/3 des communes sont exposées à ce risque et 20 % de ces communes sont dotées d’un PPR mouvements de terrain. Il est à noter que ce risque est particulièrement prégnant dans les zones de montagne : les Alpes du Nord, le Massif Central et les principaux reliefs de la région tels que le Forez et les Monts d’Ardèche. Par le passé, la région a été impactée par des mouvements de terrain majeurs ayant engendré des victimes et des dégâts importants :

  • La Salle en Beaumont (38) - janvier 1994 – 4 décès – 9 maisons endommagées,
  • Le plateau d’Assy (74) – avril 1970 - 70 décès – de nombreuses maisons endommagées.

Par ailleurs, plusieurs sites font l’objet de mesures de suivi ponctuel ou en continu et de travaux d’aménagement. Parmi ceux-ci, les sites de Séchilienne et du lac du Chambon en Isère nécessitent la mise en place de dispositifs et de travaux exceptionnels : suivi en continu, construction de déviations…

Enfin, le changement climatique présentera probablement un effet aggravant pour les phénomènes retrait-gonflement des argiles auxquels la région est actuellement exposée à un niveau non négligeable. À titre d’exemple, 20 % des communes du Puy de Dôme ont fait l’objet d’un arrêté CATNAT entre 1989 et 2006.

Communes exposées au risque mouvement de terrain  en grand format (nouvelle fenêtre)
Communes exposées au risque mouvement de terrain
GASPAR – Production : DREAL Auvergne-Rhône-Alpes – juin 2016

  Le retrait gonflement des argiles

À l’instar des autres régions françaises, la région Auvergne-Rhône-Alpes est exposée aux phénomènes de mouvements de terrain différentiels liés au retrait gonflement des argiles (RGA). Bien que les départements du Puy-de-Dôme et de l’Allier soient les plus exposés en termes de sinistralité, ce risque concerne tous les départements avec des niveaux variables.
Sur la période 1995-2015, la sinistralité Cat-Nat liée à cet aléa au niveau régional représente plus de 450 millions d’euros soit environ 40 % de la sinistralité Cat-Nat (données CCR) sur cette même période.

Le changement climatique devrait accentuer ce risque et engendrer une augmentation des dommages associés. Dans ce contexte, la politique de prévention de ce risque évolue. Ainsi en application de l’article 68 de la loi ELAN du 23 novembre 2018, le décret du conseil d’Etat n°2019-495 du 22 mai 2019 crée une section du Code de la construction et de l’habitation spécifiquement consacrée à la prévention des risques de mouvement de terrain différentiel consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols.

L’objectif de cette mesure législative est de réduire le nombre de sinistres liés à ce phénomène en imposant la réalisation d’études de sol préalablement à la construction dans les zones exposées au retrait-gonflement d’argile.

Une nouvelle carte nationale d’exposition des formations argileuses aux phénomènes de mouvements de terrain différentiels a été élaborée à partir :
• de la carte de susceptibilité mise au point par le BRGM à l’issue du programme de cartographie départementale de l’aléa retrait-gonflement des argiles conduit de 1997 à 2010 ;
• et des données actualisées et homogénéisées de la sinistralité observée collectées par la Mission Risques Naturels.

Cette carte identifie 4 niveaux d’exposition : fort, moyen, faible et non exposé. L’article 68 de la Loi ELAN s’applique aux zones dont l’exposition est considérée comme forte et moyenne.
Ainsi dans ces zones, à compter du 1er janvier 2020, il conviendra de réaliser une étude géotechnique préalablement à la vente d’un terrain nu à bâtir. De même, préalablement à la construction d’un ou plusieurs immeubles à usage d’habitation ou à usage professionnel et d’habitations ne comportant pas plus de deux logements, le maître d’ouvrage devra soit :
• Réaliser une étude géotechnique de conception dont l’objectif est de fixer les dispositions constructives adaptées à la nature du sol et au projet de construction,
• Respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire.

Pour en savoir plus :
• La cartographie nationale d’exposition des formations argileuses aux phénomènes de mouvements de terrain différentiels : http://www.georisques.gouv.fr/dossiers/argiles/donnees#/
• Articles L112-20 à L112-25 du code de la construction et de l’habitation
Décret 2019-495 du 22 mai 2019 relatif à la prévention des risques de mouvement de terrain différentiel consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux
Article 68 du Code de la construction et de l’habitation

À venir :
• arrêté fixant le zonage des zones exposées
• décret relatif aux techniques particulières de construction
• arrêté définissant le contenu des études géotechniques

  Les avalanches

Le risque avalanche se caractérise par des phénomènes soudains, rapides et violents, ne permettant pas aux personnes menacées de se mettre en sécurité une fois le phénomène déclenché. Il concerne 5 % des communes de la région et se concentre sur les hauts reliefs des Alpes et du Massif Central. La région a été marquée par plusieurs événements tragiques dont :

  • Val d’Isère (73) - (1970 – 39 morts),
  • Chamonix – Montroc (74) - (1999 – 12 morts).

La mise en œuvre d’une politique de prévention doit reposer sur une analyse globale et partagée du risque entre les divers acteurs concernés de la prévention, de l’aménagement et de la sécurité civile. En effet, cette analyse conduit non seulement à intégrer ces connaissances et ces principes de prévention dans les démarches d’aménagement du territoire et aussi à prendre en compte la préparation à la gestion de crise et l’organisation des secours. Ainsi, les communes de l’Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie présentant les plus forts enjeux sont dotées d’un PPR avalanche.

Communes exposées au risque avalanche  en grand format (nouvelle fenêtre)
Communes exposées au risque avalanche
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GASPAR – Production : DREAL Auvergne-Rhône-Alpes – juin 2016

  Les incendies de forêt

Le risque incendie de forêt concerne la plupart des départements de la région. Selon les conditions climatiques et les types de végétaux composant les massifs forestiers, les départements sont exposés à des degrés d’intensité différente. Les départements de la Drôme et de l’Ardèche sont identifiés au sein du code forestier (L.133-1) comme comportant des massifs forestiers particulièrement exposés aux incendies. Ces deux départements ont en effet connu quelques incendies majeurs en termes d’intensité et de surface brûlée :

  • Lafarre (07) – Août 2003 – 1 300 ha incendiés
  • Eygaliers (26) – Juin 2003 – 100 ha incendiés.

Les départements de la Loire et l’Isère, bien que non classés au titre du code forestier, ont également connu des incendies majeurs :

  • Massif du Pilat (42-69) – Août 2000 – 1 000 ha incendiés
  • Saint Égrève (38) – Le Néron – Juillet 2003 – 330 ha incendiés.

Les autres départements sont quant à eux exposés à des niveaux d’aléas plus faibles. Les principes d’actions de prévention de ce risque consistent notamment à une meilleure prise en compte du risque dans les documents d’urbanisme et l’application du droit des sols ainsi qu’à un aménagement des massifs et des interfaces habitat-forêt. La mise en œuvre de Plans de Prévention des Risques Incendies de Forêt (PPRiF) est réservée aux territoires présentant des niveaux d’aléa ou de vulnérabilité des enjeux les plus importants. Les aménagements de massifs forestiers et des interfaces habitat-forêt (débroussaillement, aménagement de points d’eau et de voie d’accès) constituent également des leviers d’action efficaces pour lutter contre ce risque. Pour ce faire, les départements de l’Ardèche, de la Drôme et de l’Isère élaborent des Plans Départementaux de Protections des Forêts Contre l’Incendie (PDPFCI).

Il est à souligner que le changement climatique aura un effet aggravant en matière d’incendies de forêts par l’évolution des essences composant les massifs forestiers et des conditions météorologiques favorisant l’éclosion et la propagation des incendies.

  Les séismes

En termes d’exposition au risque sismique, la région se classe deuxième au niveau métropolitain. L’ensemble de la région est exposé à ce risque avec des niveaux d’aléas très variables compte tenu de la topographie et de la géologie. Les zones d’aléa les plus fortes sont principalement localisées dans la partie alpine de la région et dans le Puy de Dôme : 16 % des communes sont en zone de sismicité moyenne et 38 % en zone modérée. Les secteurs d’Annecy et de Grenoble sont parmi les plus exposés en termes d’aléa et de concentration des enjeux. De plus, la configuration de ces vallées « en cuvette » génère des effets de site aggravant l’impact des secousses sur les enjeux. Au cours du XVe siècle, plusieurs tremblements de terre (intensité VIII) ont détruit de nombreux bâtiments à Riom (63) en 1490. Au cours du XXe siècle, plusieurs séismes se sont produits, certains générant des dégâts importants.

  • Annecy (74) 1996 – magnitude 5,2 – intensité VII-VIII – 60 M€ de dégâts,
  • Corrençon (38) 1962 – magnitude 5,3 – intensité VII-VIII – de nombreux bâtiments détruits,

Parmi les mesures contribuant à une prévention efficiente de ce risque, l’adaptation du bâti et le développement de la culture du risque sont des leviers privilégiés.

Communes exposées au risque sismique  en grand format (nouvelle fenêtre)
Communes exposées au risque sismique
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GASPAR – Production : DREAL Auvergne-Rhône-Alpes – juin 2016