Les acteurs régionaux réunis autour de la préservation et la restauration des milieux naturels !

Retour sur le groupe de travail du Comité Régional biodiversité (CRB) « restauration » et « aires protégées » du 5 mars 2026 à Lyon.

Sous l’impulsion de l’État et de la Région, collectivités, associations, entreprises, représentants du monde agricole, forestier, de la pêche, de la chasse, services de l’État et établissements publics se sont retrouvés le 5 mars 2026, en groupe de travail « restauration » et « aires protégées » du Comité Régional Biodiversité, à l’Hôtel de Région de Lyon.


Un nouvel espace d’échange régional sur la restauration de la Nature !

Le nouveau groupe de travail « GT restauration de la nature » émane du Comité Régional Biodiversité, et vient compléter les dynamiques déjà engagées (GT mobilisation des territoires, le GT Stratégie Aires Protégées et le GT connaissance).
Il s’agit d’un espace d’échanges et de concertation techniques, pour partager, clarifier et approfondir collectivement. Il a pu se mettre en place grâce à l’animation de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes et au soutien du projet
européen LIFE BIODIV’France.


| ©crédit Mallorie Sourie DREAL


L’objectif de cette journée était de poser les premiers jalons d’une stratégie régionale de « restauration de la nature » en lien avec le règlement européen sur la restauration de la nature, et de préparer la feuille de route des trois prochaines années sur la stratégie pour les aires protégées (SAP).

Les soixante partenaires régionaux réunis en GT ont pu échanger dans un premier temps en salle sur :

  • les actualités concernant le plan national Agir pour la Nature,
  • les chantiers régionaux pilotés par la DREAL et par la Région sur le sujet de la restauration, avec notamment une intervention des Conservatoires botaniques nationaux Alpin et Massif central sur l’identification et la cartographie des habitats naturels à enjeu pour la restauration en Auvergne-Rhône-Alpes,
  • le bilan intermédiaire de la mise en œuvre de la SAP et la préparation de la feuille de route des trois prochaines années.

Des ateliers ont ensuite permis aux participants d’échanger le matin sur les ambitions à 10 ans en matière de restauration en Auvergne-Rhône-Alpes, sur les principes directeurs de la future stratégie régionale de restauration et sur 5 grands objectifs de cette stratégie :

  1. améliorer la connaissance de nos écosystèmes,
  2. préserver les écosystèmes actuels en bon état, à enjeux ou non restaurables,
  3. restaurer les milieux dégradés visés par le règlement européen et à plus forts enjeux en Auvergne-Rhône-Alpes,
  4. renforcer les continuités écologiques et la fonctionnalité des écosystèmes,
  5. identifier, mobiliser et soutenir les acteurs locaux et régionaux dans leurs actions en faveur de la restauration des écosystèmes.

L’après-midi, les ateliers consacrés à la SAP ont permis de définir et de prioriser les actions transversales du futur plan d’action régional autour de 5 enjeux stratégiques :

  1. la gestion : pour des espaces protégés efficaces et pérennes,
  2. les usages : concilier activités humaines et préservation,
  3. l’ancrage territorial : intégrer les aires protégées au cœur des territoires,
  4. le financement : garantir les moyens nécessaires aux ambitions,
  5. la connaissance : mieux comprendre la biodiversité pour mieux la protéger.
| ©crédit Luisa Alzate
| ©crédit Mallorie Sourie DREAL













Le Règlement européen sur la restauration de la nature : un tournant majeur pour la biodiversité

Face au constat alarmant de 80 % des habitats européens estimés en mauvais état, et de l’insuffisance des efforts concédés au regard des enjeux, la Commission européenne a adopté le 17 juin 2024 un règlement européen sur la restauration de la nature (règlement (UE) 2024/1991), dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe.
Son objectif est double : enrayer l’érosion de la biodiversité et renforcer la résilience des territoires face au changement climatique, en mettant en place des actions de préservation et de restauration des écosystèmes, notamment ceux permettant de stocker du carbone et de limiter les risques naturels (inondations, sécheresses). Il renforce ainsi les synergies entre préservation de la biodiversité et résilience face au changement climatique.
Pour la première fois, des objectifs ambitieux et juridiquement contraignants visant à restaurer les écosystèmes dégradés à grande échelle, sont fixés pour les États membres, dans un contexte de crise majeure de la biodiversité :
- restaurer au moins 20 % des écosystèmes terrestres et marins de l’UE d’ici 2030, et l’ensemble des écosystèmes dégradés d’ici 2050,
- améliorer l’état de conservation de nombreux habitats naturels (forêts, milieux aquatiques et zones humides, milieux agricoles, espaces vert urbains…) et des pollinisateurs.
Chaque État membre doit élaborer un plan national de restauration, définissant les actions à mettre en œuvre et les priorités territoriales pour fin 2026. Pour la France, le plan national Agir pour la Nature actuellement élaboré par le ministère de la Transisiton écologique est ouvert à toutes les observations via une concertation continue.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la DREAL a souhaité mobiliser les acteurs autour d’une stratégie régionale de restauration de la Nature permettant de faciliter la mise en œuvre future du plan national, en mettant l’accent sur les enjeux spécifiques de notre territoire.
C’est un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de protéger ce qui reste, mais de reconstruire les écosystèmes !


La Stratégie Nationale pour les Aires Protégées (SNAP) 2030 fixe un cap ambitieux : 30 % du territoire couvert par des aires protégées, dont 10 % sous protection forte

En Auvergne-Rhône-Alpes, la déclinaison régionale s’accélère. Dans le cadre de la planification écologique (COP), notre objectif est clair : atteindre 4 % de protection forte, soit un gain de 65 000 hectares d’ici 2030. Le taux actuel de protection forte pour la région s’élève à 3,09 %. Ce réseau s’appuie sur des outils de protection pérennes, incluant notamment les Réserves Naturelles (nationales et régionales), les Cœurs de Parcs Nationaux, les Réserves Biologiques (forestières) ainsi que les Arrêtés de Protection (de biotope, d’habitats naturels ou de géotope).
Un travail partenarial indispensable
Ce défi ne peut être relevé de manière isolée. La réussite de cette stratégie repose sur une coopération étroite entre les services de l’État (DREAL/DDT), les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs du terrain : agriculteurs, forestiers, chasseurs, gestionnaires d’espaces naturels et associations de protection de la nature.


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