Chiffres-clés climat air énergie 2024 en Auvergne-Rhône-Alpes
La nouvelle plaquette Chiffres-Clés climat air énergie synthétisant les données 2024 vient d’être publiée. Ce document, réalisé par l’Observatoire Régional Climat, Air et Energie (ORCAE), présente les principaux chiffres-clés en Auvergne-Rhône-Alpes pour l’année 2024, sur les thématiques du climat, de la pollution de l’air, des Gaz à effet de serre (GES) et de l’énergie.
Climat
On constate une augmentation d’environ 2,4°C de la température moyenne annuelle entre les deux dernières périodes trentenaires, sur la région Auvergne-Rhône-Alpes, une hausse du nombre de journées chaudes annuelles (+19 jours par an), une baisse du nombre de jours de gel annuels (-17 jours) et un recul de la hauteur de neige aux altitudes inférieures à 1500 m d’altitude.
Le changement climatique a des impacts sur les ressources naturelles, notamment sur la ressource en eau ainsi que sur la santé humaine. Les activités humaines et économiques, comme le tourisme, l’agriculture et la sylviculture, sont également affectées. Entre les 2 périodes trentenaires (1971-2000 et 1994-2023), la date moyenne des vendanges pour le cépage Gamay en Beaujolais est passée du 14 septembre au 3 septembre, soit une avancée de 11 jours. Il est de plus en plus fréquent que des arrêtés de catastrophe naturelle pour la sécheresse soient pris : sur la période 1989-2024, 84% des arrêtés catastrophe naturelle sécheresse de la région ont été pris dans les 21 dernières années.
Gaz à effet de serre (GES)
Les émissions de GES (incluant les gaz fluorés) (données estimées par modélisation) s’élèvent à 46 MteqCO2 (millions de tonnes équivalent CO2) en 2024 (chiffre équivalent à celui de 2023). Tous secteurs confondus, elles sont en recul de 17% par rapport à 2015. Les énergies fossiles sont la source de 63% des émissions. Dans le détail, les émissions du secteur des transports ont diminué de 3% depuis 2015. Avec cette très légère baisse, le secteur des transports représente 37% des émissions régionales en 2024 et est ainsi le premier secteur émetteur de GES de la région. Les émissions de GES du secteur industriel (dont branche énergie et gestion des déchets) ont baissé depuis 2015 de 22%, mais ce secteur représente encore 25% des émissions régionales en 2024 (2ème secteur le plus émetteur après les transports). Les émissions du secteur agricole sont en très légère baisse depuis 2015 (-8%), représentant 17% des émissions de GES en 2024 (3ème secteur le plus émetteur). Les secteurs tertiaire et résidentiel sont les secteurs dont les émissions de GES ont le plus baissé depuis 2015 (respectivement -40% et -28%), et sont en 2024 les secteurs les moins émetteurs (7% des émissions de GES pour le tertiaire et 13% pour le résidentiel).
Émissions de polluants atmosphériques et qualité de l’air
En 2024, les émissions de l’ensemble des polluants (COVNM, NH3, NO SOx, PM10, PM2.5, SOx) sont en recul par rapport à 2015 même si la baisse constatée est variable selon les polluants. Les émissions de NH3et de SOx atteignent la cible SRADDET 2030, les autres émissions atteignent entre 55% et 90% des objectifs SRADDET 2030.
On observe une diminution régulière depuis 2007 des concentrations de polluants dans l’air (sauf pour l’ozone), et donc une amélioration de la qualité de l’air depuis cette date, mais on constate néanmoins une stagnation des concentrations depuis 2019 pour les PM10 et PM2.5. En 2024 il y a eu 20 jours de vigilance pollution versus 93 en 2011, néanmoins la population exposée à des dépassements de valeurs seuils (recommandés par l’OMS) pour les différents polluants reste importante. Ainsi, 92% de la population de la région est exposée à des dépassements pour les PM2.5, 44% au dépassement pour les NO2, 6% au dépassement pour les PM10>/sub>.
L’ozone est un polluant secondaire (il se forme à partir d’autres polluants sous l’effet du rayonnement solaire) et donc sa concentration dépend des conditions météorologiques. Sur le long terme (2007 à 2024), la concentration moyenne d’ozone n’a pas baissé, elle est même supérieure en 2024 à celle de 2007 (52 microg/m3 en 2024 versus 47 en 2007), soit une augmentation de 10% par rapport à 2007. Malgré cette augmentation, seul 1% de la population de la région est exposée au dépassement de la valeur cible santé pour l’ozone.
Energie
La consommation d’énergie finale en 2024 est de 202 TWh (Térawatt-heure) à l’échelle régionale. Elle est en recul de 8% par rapport à 2015. Cette baisse s’explique par le repli de la consommation des bâtiments tertiaires et résidentiels (-12% et -14%) et de l’industrie (-11%). La consommation du secteur des transports en 2024 reste identique à celle de 2015. Le secteur agricole est le secteur où la consommation d’énergie a augmenté par rapport à 2015 (+17%).
En 2024, les secteurs les plus consommateurs sont les secteurs du transport (34% de la consommation finale), du résidentiel (25 % de la consommation finale) et de l’industrie (25%).
La production d’énergie en 2024 en Auvergne-Rhône-Alpes s’élève à 135 TWh, dont 37% d’énergie renouvelable (EnR). La production d’énergie renouvelable (EnR) est donc de 50,5 TWh en 2024, soit une augmentation de +22% par rapport à 2015. La production d’EnR est dominée par l’hydroélectricité (47 % de la production EnR) et le bois énergie (28% de la production EnR). La production EnR couvre un quart de la consommation énergétique de la région, soit 5 points de plus qu’en 2015.
Puits de carbone
Le stock de carbone dans les sols de la région est estimé à 844 MtC (Million de tonne de carbone), dont 62% est réalisé par les forêts. Les émissions de CO2 liées à l’artificialisation des sols sont estimées à 76,9 kteqCO2 par an, ce qui correspond à 703 hectares en moyenne artificialisés par an dans la région.
Méthodologie
Les données 2024 d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et polluants atmosphériques ainsi que de consommation d’énergie ont été estimées selon le modèle ARIMA (méthode statistique utilisée pour l’analyse et la prévision de séries de données temporelles basée sur les données historiques) en tenant compte pour partie de données réelles (transport routier et résidentiel).
Par rapport aux éditions précédentes, la méthodologie a peu évolué dans cette édition 2024. Les émissions de GES incluent les GES fluorés, et seuls sont pris en compte les scope 1 et scope 2. Les puits de carbone sont estimés à partir de la méthodologie ALDO® 2023 de l’ADEME.
Pour en savoir plus, accédez à la méthodologie.
Les données ayant servi à construire les graphiques du document sont accessibles ici.
L’ORCAE
L’Observatoire régional climat air énergie d’Auvergne-Rhône-Alpes est porté par 5 institutions : l’État (DREAL Auvergne-Rhône-Alpes), le Conseil Régional (Région Auvergne-Rhône-Alpes), deux Agences de l’Eau (Rhône-Méditerranée Corse et Loire Bretagne) et l’ADEME Auvergne-Rhône-Alpes.
Il est opéré par un GIS (Groupement d’Intérêt Scientifique) regroupant 4 structures : Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement, le Cerema et Météo France.
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