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Aménagement Paysage

Création du parc naturel régional de l’Aubrac

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publié le 7 juin 2018 (modifié le 12 juin 2018)
Emblème du parc [1]



Le parc naturel régionale de l’Aubrac a été créé par le décret du 23 mai 2018, signé par le Premier Ministre.

Le président André Valadier et les délégués du syndicat mixte de préfiguration ont marqué l’événement par une nuit des burons, qui a débuté le 25 mai au buron de Born (48 – Marchastel) par une cérémonie du classement, réunissant les partenaires [2] engagés pour 15 ans dans la charte adoptée par le décret.

Situé sur la limite sud-ouest entre la région Auvergne-Rhône-Alpes et la région Occitanie, l’Aubrac est un massif à l’histoire volcanique, situé au centre du Massif central, bordé par de profonds cours d’eau : la Truyère au nord et à l’ouest, le Lot au sud et son petit affluent, la Colagne à l’est.

La charte, qui a permis d’aboutir au classement par l’État, définit pour 15 ans les orientations, mesures et dispositions priorisées qui seront mises en œuvre de façon coordonnée sur le périmètre classé, dans tous les domaines du développement durable : protection de l’environnement, aménagement du territoire, développement économique et social, éducation et formation du public. L’Aubrac rejoint ainsi le réseau national des territoires ruraux d’expérimentation locale pour l’innovation.

Ce classement reconnaît l’histoire d’une culture locale ancrée dans la préservation des patrimoines et l’exploitation raisonnée des ressources. Il prend acte d’une volonté de la prolonger dans un projet d’avenir positif et responsable, par des engagements précis ciblant les menaces qui ont été identifiées.

George Sand écrivait en 1860 :

« Ces plateaux, souvent soutenus par des colonnades de basalte comme celles de mon vallon natal de la Roche, sont beaucoup plus élevés et plus poétiques. Ce sont les véritables sanctuaires de la vie pastorale. Le gazon inculte qui revêt ces régions fraîches s’accumule en croûtes profondes, sur lesquelles chaque printemps fait fleurir un herbage nouveau. Les troupeaux vivent là quatre mois de l’année en plein air. Leurs gardiens s’installent dans des chalets qu’on appelle burons (et burots) parce qu’on y fait le beurre. On marche sans danger, mais non sans fatigue, dans ces pâturages gras et mous, sous lesquels chuchotent au printemps des ruisselets perdus dans la tourbe. Là où règne cette herbe luxuriante et semée de fleurs, mais dont le sous-sol n’est qu’un amas de détritus inféconds, il ne pousse pas un arbre, pas un arbuste. Ces énormes étendues sans abri, mais largement ondulées, quelquefois jetées en pente douce jusqu’au sommet des grandes montagnes, d’autres fois enfermées, comme des cirques irréguliers, dans une chaîne de cimes nues, ont un caractère particulier de mélancolie rêveuse. La présence des troupeaux n’ôte rien à leur grand air de solitude, et le bruit monotone de la lente mastication des ruminants semble faire partie du silence qui les enveloppe. »

Ce texte peut encore illustrer l’intérêt particulier du patrimoine naturel, culturel et paysager qu’il s’agit ici de transmettre.

Vaches de race Aubrac


Buron


Plateaux


Anémones pulsatiles


"Crespe"

[1L’emblème du parc a été choisi et argumenté dans la charte de la façon suivante :
« La vache Aubrac s’invite au premier plan du logotype, accompagnant au second plan un buron jouxté de son sorbier des oiseleurs. Ceux-ci se trouvent blottis dans les douces courbures du plateau, que les drailles et cours d’eau relient à la vallée. Tout en gardant les éléments distinctifs de chaque marqueur, le logotype présente un graphisme épuré et stylisé, restant fidèle au reflet de ses vastes estives. Telle une photographie, il se compose de différents plans jouant sur la perspective et la profondeur de champ, reflet des paysages immenses et étendus qui s’offrent à la vue des habitants de toujours comme des pèlerins d’un jour …
Égérie vivante du territoire, la vache Aubrac affirme sa présence dès le premier coup d’œil. Elle s’affiche ici de face, à la fois présente sur les prairies en été et abritée dans les étables le reste de l’année. Elle laisse place à ce qui l’entoure. Reconnaissable entre toutes par la forme de ses cornes en lyre et ses yeux comme maquillés de khôl, la belle aux yeux noirs est un moteur de l’économie de l’Aubrac et un symbole vivant d’une économie agropastorale à l’origine d’un patrimoine naturel diversifié et des liens entre les multiples activités du territoire : élevage, artisanat, tourisme, …
À ses côtés, trône le buron, symbole de l’activité agropastorale toujours bien présente et marqueur d’un patrimoine bâti historique et identitaire. Repère de stabilité, il incarne la tradition et « l’esprit des lieux » que les habitants du pays perpétuent depuis des siècles. Pour accompagner le buron, un sorbier des oiseleurs symbolise ici les richesses du patrimoine naturel.
Épousant les courbures du massif de moyenne montagne qu’est l’Aubrac, le territoire de parc s’échelonne entre le haut plateau et les vallées. Le cheminement partant du buron représente le lien entre ces différents lieux de vie. A libre imagination, il est symbolisé à travers les drailles, les cours d’eau, la transhumance, l’itinérance… Le dernier plan est occupé par les courbes du plateau, de grandes étendues soulignant le relief spécifique de l’Aubrac et marquant une ligne d’horizon semblant infinie et ouvert sur l’extérieur, à l’image du projet de territoire. »

[2Les signataires de la charte sont les régions d’Occitanie et d’Auvergne-Rhône-Alpes, les départements de l’Aveyron, du Cantal et de la Lozère, cinq communautés de communes, les soixante-quatre communes qui déterminent le périmètre de classement, et l’État.